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Fright Night

Attention OVERSPOIL : Fright Night

Fright Night est le récent remake d’un film qui avait fait pas mal parler de lui en 1985 : « Vampire vous avez dit vampire ? ».
Ce qui est étonnant avec ce nouveau long métrage de Craig Gillespie au budget de 30 millions de dollars, c’est qu’il réussit l’exploit de perdre en efficacité par rapport à son aîné de 26 ans.

Voyons pourquoi.

Le scénario
Les prémisses, l’acte 1, c’est la partie du scénario qui consiste à présenter rapidement tous les éléments qui vont nous aider à suivre l’intrigue par la suite. C’est aussi la partie où le cinéaste doit séduire le spectateur et l’intéresser à l’histoire.

Avec du recul sur un film précédent, il est facile de déceler les erreurs, de l’améliorer ou de garder ce qui en faisait sa force. Pourtant la version du scénario de 1985 reste mieux construite. Prenons comme exemple le moment où sont présentés l’émission « Fright Night » et son présentateur Peter Vincent puis l’annonce par les médias d’un assassinat la veille.

Version 1985

L’adolescent regarde l’émission télévisée dans sa chambre tout en flirtant avec sa petite amie. Un conflit éclate entre les deux qui les font descendre au rez-de-chaussé où la mère du jeune homme regarde les informations qui parlent du meurtre.

Version 2011

Craig Gillespie décide de donner ces deux informations l’une après l’autre en filmant une télévision qui diffuse la fin du programme « Fright Night » puis les actualités. (Il précise aussi que la victime à été mordue, histoire que même votre hamster comprenne bien.) Rien d’autre. Il filme une télévision. Puis la camera se décide enfin à s’éloigner de l’écran pour nous montrer un autre meurtre en cours.

Là où le premier film nous donne pour chaque séquence deux informations en même temps, le second enchaîne les erreurs d’efficacité. Au cinéma il est rare qu’on nous donne qu’un seul os à ronger car on manque de temps et d’autant plus lors d’une scène d’introduction. On emmêle les informations de la manière la plus intelligente et rapide possible afin de les démêler par la suite.
La scène suivante du meurtre ne sert uniquement à introduire un personnage dont on parlera dans le film comme d’un disparu. C’est chronophage, inutile et redondant avec l’information des médias.

Les personnages
Un remake, c’est surtout pour replacer une histoire dans une nouvelle époque et parfois faire passer des messages ou une morale plus moderne (mais dans ce cas d’ailleurs c’est souvent de la merde). L’histoire se situe donc aujourd’hui mais avec des clichés d’une autre époque. Le copain geek impopulaire, la course à la réputation du personnage principal, on se croirait dans un navet des années 90. Dans l’original, le personnage n’a qu’un seul pote de lycée, un débile notoire qui amplifie sa personnalité lors de sa transformation et ajoute alors de la comédie au film.
Le sexe devient tabou (production Disney) alors qu’en 1985 le vampire avait un charisme sexuel qui était au cœur de l’histoire, aujourd’hui Colin Farrel se contente d’être beau gosse.
Notre personnage principal a des réactions qui me semblent improbables, il ne parle de son voisin à personne même avec une preuve en vidéo. Vous auriez un vampire à coté de chez vous qui bute votre pote, vous n’iriez pas un peu en parler ? Non, il décide de tailler son pieu en bois. Dans la version précédente du scénario, ce même personnage appelle la police, cela me paraît plus logique même si c’est sûrement un peu subjectif.

Cependant tout n’est pas à jeter, là où Peter Vincent est un vieux présentateur has been, le nouveau interprété par David Tennant (Doctor Who) s’en sort tout aussi merveilleusement bien en star du show-business déjantée.  L’acteur débute d’ailleurs ici sa carrière internationale, on va forcément bientôt le voir partout.

La réalisation
Là où le film de Craig Gillespie se détache du premier, c’est sur son effort de mise en scène et les journalistes semblent appuyer particulièrement sur cette scène de poursuite en voiture qui n’existait pas et qui a été décidée en plan séquence. Il est vrai que ce choix la rend tout à fait prenante mais malheureusement elle ne mérite pas tout ce ramdam car il s’agit d’une repompe finalement plutôt médiocre (ou d’un hommage pour les plus optimistes) de « Les fils de l’homme » et de son génialissime plan séquence.

Même si je démolis pas mal cette nouvelle version, elle reste un bon divertissement. Il est juste dommage d’avoir perdu les atouts du premier sans proposer mieux. Je n’ai pas trouvé de lien VOD pour « Vampire vous avez dit vampire ? », mais il existe des méthodes illégales qui demandent 2 clics et que je n’ai pas le droit de vous conseiller pour le voir. Fright Night 2011 est en revanche, lui, actuellement en salle.


Une réponse à “Fright Night”

  1. dean76 dit :

    des references, de l’analyse, une mise en page… mais t’es trentenaire ou quoi ?

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