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Monsieur Moyen Réalisateur

«Pour la plupart, le sérieux, c'est l'air sérieux» Jean-Edern Hallier

Nos équipes s'efforcent de vous fournir un travail de qualité, il se pourrait malgré tout que ces articles puissent contenir ponctuellement du second degré, un certain décalage et de l'ironie. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée.

Voici quelques fils pour me suivre : rss, rss2, rdf, atom

Lapse the Movie

lun 17 octobre 2011

En attendant que je puisse me remettre à écrire sur la réalisation d’un court métrage (qui suscite beaucoup de demandes et pour lesquelles je m’excuse de cette trop longue pause), je vous conseille d’aller lire les aventures de l’ami Gilles Guerraz sur le blog de son nouveau projet car il consacre maintenant tout son temps à la réalisation de « Lapse », un film financé en parti par les internautes.

Un blog est ouvert pour l’occasion dans lequel il raconte jour après jour la préproduction, le tournage et la postproduction. A lire !

Fright Night

ven 30 septembre 2011

Attention OVERSPOIL : Fright Night

Fright Night est le récent remake d’un film qui avait fait pas mal parler de lui en 1985 : « Vampire vous avez dit vampire ? ».
Ce qui est étonnant avec ce nouveau long métrage de Craig Gillespie au budget de 30 millions de dollars, c’est qu’il réussit l’exploit de perdre en efficacité par rapport à son aîné de 26 ans.

Voyons pourquoi.

Le scénario
Les prémisses, l’acte 1, c’est la partie du scénario qui consiste à présenter rapidement tous les éléments qui vont nous aider à suivre l’intrigue par la suite. C’est aussi la partie où le cinéaste doit séduire le spectateur et l’intéresser à l’histoire.

Avec du recul sur un film précédent, il est facile de déceler les erreurs, de l’améliorer ou de garder ce qui en faisait sa force. Pourtant la version du scénario de 1985 reste mieux construite. Prenons comme exemple le moment où sont présentés l’émission « Fright Night » et son présentateur Peter Vincent puis l’annonce par les médias d’un assassinat la veille.

Version 1985

L’adolescent regarde l’émission télévisée dans sa chambre tout en flirtant avec sa petite amie. Un conflit éclate entre les deux qui les font descendre au rez-de-chaussé où la mère du jeune homme regarde les informations qui parlent du meurtre.

Version 2011

Craig Gillespie décide de donner ces deux informations l’une après l’autre en filmant une télévision qui diffuse la fin du programme « Fright Night » puis les actualités. (Il précise aussi que la victime à été mordue, histoire que même votre hamster comprenne bien.) Rien d’autre. Il filme une télévision. Puis la camera se décide enfin à s’éloigner de l’écran pour nous montrer un autre meurtre en cours.

Là où le premier film nous donne pour chaque séquence deux informations en même temps, le second enchaîne les erreurs d’efficacité. Au cinéma il est rare qu’on nous donne qu’un seul os à ronger car on manque de temps et d’autant plus lors d’une scène d’introduction. On emmêle les informations de la manière la plus intelligente et rapide possible afin de les démêler par la suite.
La scène suivante du meurtre ne sert uniquement à introduire un personnage dont on parlera dans le film comme d’un disparu. C’est chronophage, inutile et redondant avec l’information des médias.

Les personnages
Un remake, c’est surtout pour replacer une histoire dans une nouvelle époque et parfois faire passer des messages ou une morale plus moderne (mais dans ce cas d’ailleurs c’est souvent de la merde). L’histoire se situe donc aujourd’hui mais avec des clichés d’une autre époque. Le copain geek impopulaire, la course à la réputation du personnage principal, on se croirait dans un navet des années 90. Dans l’original, le personnage n’a qu’un seul pote de lycée, un débile notoire qui amplifie sa personnalité lors de sa transformation et ajoute alors de la comédie au film.
Le sexe devient tabou (production Disney) alors qu’en 1985 le vampire avait un charisme sexuel qui était au cœur de l’histoire, aujourd’hui Colin Farrel se contente d’être beau gosse.
Notre personnage principal a des réactions qui me semblent improbables, il ne parle de son voisin à personne même avec une preuve en vidéo. Vous auriez un vampire à coté de chez vous qui bute votre pote, vous n’iriez pas un peu en parler ? Non, il décide de tailler son pieu en bois. Dans la version précédente du scénario, ce même personnage appelle la police, cela me paraît plus logique même si c’est sûrement un peu subjectif.

Cependant tout n’est pas à jeter, là où Peter Vincent est un vieux présentateur has been, le nouveau interprété par David Tennant (Doctor Who) s’en sort tout aussi merveilleusement bien en star du show-business déjantée.  L’acteur débute d’ailleurs ici sa carrière internationale, on va forcément bientôt le voir partout.

La réalisation
Là où le film de Craig Gillespie se détache du premier, c’est sur son effort de mise en scène et les journalistes semblent appuyer particulièrement sur cette scène de poursuite en voiture qui n’existait pas et qui a été décidée en plan séquence. Il est vrai que ce choix la rend tout à fait prenante mais malheureusement elle ne mérite pas tout ce ramdam car il s’agit d’une repompe finalement plutôt médiocre (ou d’un hommage pour les plus optimistes) de « Les fils de l’homme » et de son génialissime plan séquence.

Même si je démolis pas mal cette nouvelle version, elle reste un bon divertissement. Il est juste dommage d’avoir perdu les atouts du premier sans proposer mieux. Je n’ai pas trouvé de lien VOD pour « Vampire vous avez dit vampire ? », mais il existe des méthodes illégales qui demandent 2 clics et que je n’ai pas le droit de vous conseiller pour le voir. Fright Night 2011 est en revanche, lui, actuellement en salle.

Les yeux ridés de sa mère

dim 24 avril 2011

DeneuveOn m’a souvent prêté un sens de l’observation développé. Je ne saurais le confirmer mais une chose est sûre, j’ai une certaine tendance à repérer les faux raccords et autres détails qui passent relativement inaperçus pour le commun des spectateurs.

Ce qui me saute aux yeux en ce moment c’est la nouvelle mode d’appliquer le concept de retoucher des photos sur des vidéos. En théorie, on est capable de faire de belles choses techniquement ; en pratique, ça coute cher. Alors forcément quand un film français intrinsèquement à petit budget par rapport à Hollywood s’y essaye, ça rentre directement dans mon top 5 des choses les plus ridicules qu’ils m’ont été donnés de voir.

Si vous voyez Les Yeux de sa mère (imdb), surveillez ceux de Catherine Deneuve et de Géraldine Paillhas. Vous y verrez de grosses tâches de flous dégueulasses qui suivent maladroitement le mouvement de ces actrices.

Triste.

Stupeur et tremblements

lun 27 septembre 2010

Il y a quelques années on m’a demandé de filmer quelques concerts dans des grandes salles parisiennes avec pléthores de caméras. Exercice excitant dû au « live » mais il faut le dire aussi plutôt pénible car c’est toujours la même rengaine. Je me suis toujours attaché à faire plusieurs valeurs de plan afin d’offrir un rythme intéressant lors du montage, mais je n’ai jamais cédé à l’envie de rendre l’exercice plus funky. J’ai souvent vu des images de concert avec des zooms sur le « beat », des mouvements très personnels de la part du cadreur. Ça m’est très déplaisant, j’ai l’impression de voir un cameraman devant un concert plutôt qu’un concert. D’après moi l’exercice consiste plutôt de manière générale à savoir se faire oublier.

Dans une autre mesure, c’en est de même pour les films, à moins d’apporter une cohérence à un mouvement, ils me font sortir de l’histoire car je pense au technicien derrière, à l’équipe, au nombre de prises, au repas du chef électro, à ma liste de course, zut j’ai encore oublié d’acheter du Papier toilette. Et voilà je suis en dehors du film.

J’ai eu la chance de pouvoir voir Claude Chabrol une dernière fois l’année dernière au Forum des images, et il parlait exactement de cela :

« Je n’aime pas les caméras qui font les malines comme si elles nous disaient « regardez ce que je sais faire ». Les cinéastes formidablement doués me gênent parfois car ils se croient obligés de prendre un hélicoptère pour faire traverser un champs à une fille alors que ce n’est pas obligatoire.»

Avec l’arrivée du numérique, c’est une ouverture géniale au plus grand nombre à laquelle nous assistons. Sans la baisse des coûts de production inhérentes au numérique, je n’aurais d’ailleurs surement jamais réalisé quoi que ce soit. L’apparition de ces engins plus légers offre plus de facilité de manipulation mais aussi en contrepartie une réalisation qui file parfois la migraine.


Curb your enthusiasm (on air) Petite caméra à l’épaule

Seinfeld (1989 / 1998) Grosse caméra sur pied

Il existe un effet terriblement efficace dans le cinéma traditionnel :

Imaginez un dialogue classique entre deux personnages, champs-contrechamps. Puis Apportez un nouveau plan, les deux personnages sont filmés de plus loin et la caméra tremblote, mettez y un premier plan très flou et la salle a compris tout de suite que nos amis sont épiés. Grâce à ce mouvement style reportage avec la caméra à l’épaule, on comprend la présence humaine et s’il n’a pas de sens on comprend juste qu’il y a un caméraman.

Je le retrouve de plus en plus au cinéma sans raison valable apparente. On a donc l’impression de regarder un reportage mais pourtant c’est un film. C’est l’expérience que j’ai vécu récemment devant le film Cyrus (Cyrus) produit par les frères Scott. Plutôt bon film qui passe d’ailleurs étrangement inaperçu. Ce long métrage est filmé de cette manière tremblotante au point que j’avais l’impression de voir le making of.

Est-ce que les codes vont changer à cause de ces nouvelles caméras ? Sûrement mais peut-être pas à ce point. Peut-être que ces films seront tout de même rangés naturellement dans une catégorie de réalisation médiocre.

The Ghost Writer

mer 07 avril 2010

J’ai peur des bandes-annonces car elles dévoilent souvent trop de choses sur le contenu de leur film. L’objectif commercial entache malheureusement le plaisir du spectateur.

On vous montre souvent les personnages et leurs évolutions pendant le deuxième acte. Ce qui implique qu’on comprendra un peu trop vite la situation lors de la scène d’exposition, qu’on s’ennuiera tout en ayant ce sentiment qu’on vous a « gâché » quelque chose. Dans les comédies, soyez sûrs qu’on vous mettra les trois blagues marrantes du film. (fuyez l’idée d’y aller, si vous n’avez pas pouffé devant ces trois efforts humoristiques)

Heureusement il existe quelques très rares bandes-annonces qui sont réalisées spécialement pour un film sans montage des images du long-métrage. Je trouve l’effort toujours honorable. C’est une façon de montrer l’univers du film tout en respectant le spectateur. Évidemment, ça coute plus cher.

Plus jeune, je fermais les yeux et me bouchais les oreilles lors les bandes-annonces de films que j’attendais particulièrement. C’est aussi l’intérêt des séances UGC Découvertes pour ceux qui ont la chance d’avoir une carte illimitée, découvrir un film sans apriori.

C’est avec un peu cet état d’esprit que j’avais abordé The Ghost Writer. Sans aucune information autre que la présence d’Ewan McGregor. Pendant toute la séance, quelque chose m’a rappelé avec enthousiasme Frantic voire aussi la neuvième porte. Pourtant l’univers est différent, mais une certaine ambiance était similaire. Surement la mystérieuse et inquiétante enquête ou la musique envoutante d’Alexandre Desplat. Le Polanski en caractère gras sur le générique de fin m’a confirmé que cet homme faisait donc objectivement parti des réalisateurs dont on reconnait les films.

Comment faire un court métrage ? Partie 5

dim 27 décembre 2009

Je vous remercie pour vos mails. Ce silence est dû à mon récent déménagement et quelques autres occupations chronophages. Le projet avance lentement mais avance tout de même :

J’ai rencontré il y a quelques semaines maintenant, grâce à mon amie Chloé Micout, Grégory Passard de la société Vingtième Heure. Grégory me propose de me prêter le matériel de sa société (notamment le Canon 7D qu’il a récemment acquis) pour tourner mon court-métrage. C’est donc une super opportunité ! De son coté, le tournage lui permettra d’évaluer le potentiel de l’appareil et du mien, de ne pas me ruiner !

A propos de l’écriture, quelques éléments sont encore à peaufiner pour atteindre la version définitive. Ensuite le tournage devrait se dérouler en janvier. Il reste donc à m’attaquer début 2010 au casting et aux décors.

Comment faire un court métrage ? Partie 4

mer 02 décembre 2009

Voici le story board de la scène numéro 1.  Je ne vais pas diffuser l’intégralité du story board pour garder un peu de mystère sur le scénario, cependant je vais essayer de décrire au maximum les avancées à propos de cette scène particulière.

J’ai une préférence pour un terrain de tennis couvert (lumière et son neutre, ambiance d’enfermement, sol lisse pour le travelling).

Il existe 7 arrondissements de Paris avec des courts couverts. Il faut noter qu’à Paris les réservations en ligne sont plutôt bien faites cependant je ne suis pas sur qu’une équipe de tournage – aussi légère soit-elle – soit la bienvenue même si elle a réservé le court.
C’est pour cela que j’ai envoyé un mail la semaine dernière par le formulaire de contact du site, mais malheureusement personne ne semble vouloir me répondre. Affaire à suivre.

scene1_1

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Où allons-nous ?

jeu 26 novembre 2009

« Où allons-nous ? » est un film de science fiction français et indépendant. Beau et ambitieux projet dans lequel joue Laure Gouget que vous avez pu apercevoir dans Humanity Song et Cyndinique. La prise de risque, justement, est à saluer. D’ailleurs, l’ampleur du projet les oblige à vous demander de l’aide :

« La postproduction du film est en cours depuis quelques mois. Nous faisons des fonds verts, du tracking, de la rotoscopie, de la modélisation, de l’animation, et du compositing.

Les logiciels utilisés sont Ligthwave pour la 3D, Fusion pour le compositing, PF track (ou Boujou ) pour le tracking, et évidemment un peu de Photoshop et d’Illustrator comme dans tout projet visuel qui se respecte.
20090312_ouallonsnous_105
Une connaissance de tout autre logiciel de 3D ou de compositing
(même After Effects) peut suffire dans certaines situations. Une connaissance des réseaux sous Windows nous intéresse également.

Une simple maitrise de Photoshop ou Illustrator, bien qu’apparemment loin des logiciels de sauvage que nous utilisons pour les effets visuels, peut évoluer en quelques semaines de travail, sur un vrai projet de long métrage, vers la rotoscopie, puis le compositing, voire même la 3D pour les plus courageux. »

Retrouvez tous les détails ici : http://ouallonsnous-lefilm.com/

Comment faire un court métrage ? Partie 3

jeu 19 novembre 2009

Voici une première version de la liste des scènes du film en préparation. J’y ajoute en quelque sorte l’essentiel de ce que j’ai à trouver avant d’aller plus dans le détail : les acteurs, le décor, et les accessoires.
Comme expliqué précédemment, certaines de ces scènes ne sont pas primordiales, ne verront donc peut-être pas le jour ou seront modifiées.

Les scènes

Scène 1
Lieu : Terrain de tennis couvert
Accessoire : deux raquettes, une balle
Costume : Tenue de sport, basket.
Comédien : 1 homme jeune et sportif, 1 homme cheveux grisonnant peu sportif.

Scène 2, 11 et 17
Lieu : Une chambre
Accessoire : rien
Costume : rien
Comédien : 1 comédienne

Scène 3 et 7
Lieu : Un appartement (chambre et salle de bain)
Accessoire : une balance, un réveil
Costume : chemise de nuit ou pyjama
Comédien : 1 comédien ou comédienne

Scène 4 et 8
Lieu : 2 lieux extérieurs (terrasse de café, rue)
Accessoire : rien
Costume : bien habillé
Comédien : 1 comédien et 2 amorses féminines

Scène 5 et 9
Lieu : cabine d’essayage dans un magasin
Accessoire : rien
Costume : une robe
Comédien : 2 comédiennes et 1 comédien

Scène 6
Lieu : Une soirée
Accessoire : une coupe de champagne
Costume : bien habillée
Comédien : 1 comédienne et 1 amorse masculine

Scène 10
Lieu : Un salon avec table basse
Accessoire : un canapé, un kit poker.
Costume : rien de particulier
Comédien : 1 comédien (et quelques figurants si possible)

Scène 12
Lieu : peu importe
Accessoire : néant
Costume : rien
Comédien : un petit chat

Scène 13
Lieu : une chambre d’hopital
Accessoire : un badge
Costume : une blouse de médecin
Comédien : 1 comédien et une amorse

Scène 14
Lieu : un bureau
Accessoire : un ordinateur
Costume : corporate
Comédien : 2 comédiens

Scène 15
Lieu : un lieu décoré de façon ésotérique
Accessoire : une boule de cristal
Costume : une chemise à la BHL
Comédien : 1 comédien

Scène 16
Lieu : un bureau
Accessoire : rien
Costume : plutôt bien habillé
Comédien : 2 comédiens

Comment faire un court métrage ? Partie 2

lun 16 novembre 2009
fs4prohd
Le FS-4 ProHD qui a changé ma
vie pendant les « dérushages »

Le matériel

Je dispose comme unique matériel d’un disque dur FIRESTORE gagné lors d’un festival et compatible avec quelques caméras semi-pro du marché « relativement » faciles à emprunter aujourd’hui. Premier problème, ces caméras n’ont pas la qualité d’image dont j’aimerais disposer, la solution serait de trouver en plus un kit mini35 qui apporterait un rendu cinéma.

Vous pouvez voir ici une vidéo de l’ami Yann Kibongui avec qui j’ai travaillé sur Cyndinique et qui construit lui même ses kits mini35. N’étant pas le meilleur des bricoleurs et n’ayant pas de toute façon tout ce matériel, je mets d’ores et déjà de côté cette solution. Cependant, il ne tient qu’a vous de prendre cette voie.

Il me reste deux autres solutions, trouver un généreux possesseur d’une RED pour m’aider ou emprunter un canon 7D / 5D très à la mode aujourd’hui. Ces boitiers sont encore rares, coutent mine de rien une petite somme mais ont l’avantage d’avoir une qualité d’image incroyable. Seul gros hic, il faut une prise de son extérieure.

Si tout va bien, je commence à m’en occuper demain !